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Alternative Libertaire Moselle

1990 : l’antifascisme au tournant

En 1990, l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL, ancêtre d’AL) est en pleine mobilisation contre la première guerre du Golfe qui s’annonce (les préparatifs militaires sont en cours, avant l’intervention proprement dite en janvier-février 1991). Cela n’empêche pas les membres de l’UTCL de s’engager activement dans une autre urgence : la lutte contre le danger fasciste.

La percée inquiétante de l’extrême droite dans les années 1980 ne peut que les y inciter : les municipales partielles de Dreux en 1983 se soldent pas une mairie commune RPR-FN, les législatives de 1986 voient 35 députés FN investir l’Assemblée nationale, et, aux présidentielles de 1988, Le Pen réalise un score de 15 %. Et il ne s’agit pas que de performances électorales : les meurtres et agressions racistes émaillent la décennie et le FN mène une offensive tous azimuts pour séduire les déçus du pouvoir « socialiste ». En 1988, Le Pen organise ainsi son « premier 1er mai », au grand dam de nombreux syndicalistes qui réussissent toutefois à organiser une manifestation unitaire antifasciste à Paris ce jour-là.

Pour l’UTCL, cette menace fasciste doit être une préoccupation majeure pour celles et ceux, anticapitalistes, qui savent que la gauche gestionnaire n’entravera en rien l’ascension du FN… bien au contraire. Dès 1985, Lutter !, le mensuel de l’UTCL, consacre une série d’articles, « A droite toute ! » [1], à la dénonciation de la droitisation de la vie politique hexagonale. Les communistes libertaires s’étaient égale-ment engagés dans le soutien aux marches et initiatives antiracistes de 1983, 1984 et 1985.

À l’orée des années 1990, l’antifascisme militant se structure plus durablement. Deux pôles vont émerger. L’un, « radical », autour des Scalp et de la Coordination nationale antifasciste (CNAF) à laquelle succèdera le réseau No Pasaran ; l’autre, « unitaire », autour de l’Appel des 250 qui allait engendrer Ras l’Front.

Les deux appels sont reproduits ci-dessous (voir fichier PDF), ainsi que les premières approches, parfois excessivement tranchées, qu’en eu alors l’UTCL. Enfin, un texte plus conséquent, adopté par le conseil national de l’UTCL, approfondit l’analyse. Ces textes, s’ils doivent être lus avec le recul nécessaire à plus de vingt ans de distance, apportent néanmoins des éclairages pour le mouvement antifasciste contemporain.

Théo Rival (AL Orléans)

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